18 janvier 2009
Sarah Biasini, impératrice dans « Julie, chevalier de Maupin »
ARTICLE DE 2004
Sarah Biasini, joue pour la première fois dans une série de TF1 « Julie, chevalier de Maupin ». Le tournage, commencé le 25 décembre au Portugal, s'est achevé dans l'Yonne. Les châteaux d'Ancy-le-Franc et Tanlay servent de décors à cette fresque romanesque.
Samedi 10 heures. Les grilles du château de Tanlay sont encore fermées au public, mais dans la cour et sur le pont on s'agite. De part et d'autre dans l'herbe, deux jardiniers ratissent, des enfants courent après leur nourrice. Un carrosse tiré par deux chevaux s'avance. Une jeune fille, cape sur les épaules, longs cheveux blonds, en descend, visiblement en colère. D'un pas décidé, elle franchit le pont en tenant sa grande robe. « Coupez ! C'est parfait. On la double. », lance la réalisatrice Charlotte Brãndström (spécialiste des séries sur la chaîne) emmitouflée, comme le reste de l'équipe d'ailleurs, dans un anorak, capuche sur la tête. Le vent glacial de ce samedi des Rameaux souffle sur Tanlay, site choisi pour son originalité et son style baroque. Le soleil a du mal à percer entre les nombreux nuages.
C'est dans l'Yonne que se termine le tournage commencé le 25 décembre au Portugal, de ces deux fois 90 minutes d'une série intitulée « Julie, chevalier de Maupin » et librement inspirée d'une nouvelle de Théophile Gautier. C'est TF1 qui est à l'origine du projet « monté » entièrement sur Sarah Biasini, sans qui cette mini-série n'aurait pas vu le jour. La jeune fille est en effet dans tous les plans de ces 63 jours de tournage et tient à elle seule tout le film aux côtés d'un casting international (avec Marisa Berenson entre autres) et avec, dans le rôle du « méchant », le comédien français Pierre Arditi. La jeune comédienne se préparait donc en secret depuis des mois, tant aux Etats-Unis à l'Actor's Studio qu'au théâtre à Londres, sans oublier d'apprendre à monter à cheval, à manier l'épée, à chanter et danser, car Sarah Biasini n'a pas souhaité être doublée.
L'histoire ? Nous sommes à Versailles en 1680, Julie Maupin, à la recherche de l'assassin de son père, tué sous ses yeux alors qu'elle avait neuf ans, va découvrir sa véritable identité. Les deux épisodes narrent le récit épique du combat qu'elle livrera pour venger son père, s'imposer en tant que talentueuse cantatrice et découvrir qui est sa mère, qui semble évoluer à la cour tout près du Roi Soleil. Elle pourra, sa quête terminée, aimer Gaspard (Pietro Sermonti, star de la RAI, une des chaînes de la télévision italienne), son compagnon d'infortune, jeune poète très épris d'elle. L'action de cette épopée romanesque tragique accompagnée d'une histoire d'amour qui finit bien se passe en province et Julie traverse ainsi à cheval toute la France. Le Mans sert de décor pour des scènes de rues du Paris « riche », le Portugal pour le Paris « pauvre », le théâtre de Dole dans le Jura avec 160 figurants pour la cantatrice qu'est Julie, Vaux-le-Vicomte, Ancy-le-Franc, Tanlay, le site de Pierre-Perthuis vers Vézelay pour les cascades équestres.
L'Yonne, l'autre vedette
C'est grâce à l'assistant réalisateur, Régis Musset qu'une partie de ce tournage se déroule dans l'Yonne. C'est sa compagne, régisseur sur le film d'Agnès Jaoui Comme une image (1) qui lui a fait découvrir cette belle région. La commission du film de Bourgogne, avec sa responsable Gaëlle Laurent, a donné le coup de pouce indispensable. C'est-à-dire un tournage « clé en main » avec non seulement les lieux pour les scènes mais la recherche des infrastructures et hôtels. Ainsi pour ceux qui pensent qu'un tournage de film « c'est du pipeau », il ne faut pas oublier qu'avec 70 personnes à nourrir et loger, l'économie locale se porte beaucoup mieux, sans oublier les retombées touristiques à la diffusion.
« Sarah est très « pro », précise Régis Musset, entre deux prises. On peut l'attendre au tournant. Elle a sa propre personnalité à elle, il ne faut pas comparer avec sa mère. Elle est mignonne, simple et charmante. Ce tournage est formidable, c'est un téléfilm de qualité d'un montant de dix millions d'euros, une série de prestige, de très haute-gamme. »
Sarah Biasini, fille de l'actrice Romy Schneider, ne se destinait pas du tout au cinéma. Après une maîtrise d'histoire de l'art, elle souhaitait se consacrer à la conservation du patrimoine et voulait comme elle le dit « démocratiser l'art. »
« Ce rôle est magnifique, dit-elle tout en marchant vers sa loge après les dernières prises du matin. Il y avait tout à faire, tout à jouer, aussi bien les sentiments que les actions. Au départ, je ne suis pas très sportive, mais j'ai pris le temps d'apprendre. Faire du cheval a été le plus difficile pour moi, car j'avais peur de l'animal. La comédie me tentait depuis longtemps, c'est TF1 qui est venue me chercher. J'ai essayé d'être à la hauteur. Je sais qu'on va forcément faire des comparaisons avec ma mère, c'est normal, on ne pourra pas empêcher les gens de dire ça ou ça. Mais ce rôle, je l'ai fait pour moi, pour être heureuse. Si j'ai pensé à ma mère pendant le tournage ? J'y ai pensé mais pas seulement, je pense à elle tous les jours. »
Les deux fois 90 minutes de « Julie, chevalier de Maupin » seront diffusés sur TF1 pour les fêtes de fin d'année.
Brigitte BACHELEY
(1) Un tournage pratiquement réalisé dans l'Yonne. On parle de ce film pour figurer dans la sélection officielle des films Français pour le prochain festival du film de Cannes qui se déroulera du 12 au 23 mai.
Sarah Biasini, joue pour la première fois dans une série de TF1 « Julie, chevalier de Maupin ». Le tournage, commencé le 25 décembre au Portugal, s'est achevé dans l'Yonne. Les châteaux d'Ancy-le-Franc et Tanlay servent de décors à cette fresque romanesque.
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